Au cœur de ma pratique :
Souffle et mouvement respiré
En prenant le temps de ressentir notre corps, les yeux fermés, nous entrons dans la conscience de nos pieds, de nos jambes ; le bassin se pose et autorise les épaules à s’élargir, le flux du souffle qui passe plus librement instaure ce calme conduisant naturellement à notre part de silence intérieur.
Avec la respiration, il est donc question d’intériorité, où nous devenons directement reliés aux cinq sens, aux nuances du monde sensible, dans ce subtil équilibre d’appuis et fragilités.
Ainsi, ce souffle projetant le cri de la naissance signant et reconnaissant notre entrée au monde est bien plus qu’un aspect physiologique d’action autonome de la respiration. Le souffle qui nous traverse, au cœur de notre existence, est souffle avec l’autre, lien à notre environnement et rejoint le souffle en chaque chose.
Nous comprenons aussi qu’il est le plan de l’intime, touchant à une organisation personnelle constituée très tôt, parlant de notre vie, de notre capacité à encaisser plus ou moins de secousses ou de chocs et témoignant d'adaptations, de jeux de tensions ou de trop pleins.
D’ailleurs, lorsque nous n’arrivons plus à contenir cet ensemble de pressions, nous pleurons, ce qui décharge le diaphragme, la zone du cœur et redonne libre cours à l’émotion qui peut s'écouler et s’exprimer. Nous pouvons trouver alors un second souffle ou nouveau souffle, d’où la sensation de soulagement et de lâcher prise généralement ressentie.
Dans notre corps à la densité physique certaine, à l’image d’un arbre enraciné, le souffle est cette inspiration des poètes, invitation à venir en soi, appel à ne pas s’oublier ; il est cette expiration qui offre redressement, présent et présence.
Rappelons-nous, le souffle est mouvement et le mouvement respire.
Cette union, l’ouverture à un mieux-être.